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Les moustiques sont-ils utiles ?

moustique sur un pull

Utile, les moustiques ? À part le fait qu’ils perturbent les soirées en été et qu’ils soient responsables des maladies dangereuses telles que le paludisme, la dengue ou encore le chikungunya, causant la mort de millions de personnes par an à travers le monde, il s’avère que les moustiques révèlent une certaine utilité insoupçonnée. Si l’OMS et les branches affiliées déploient tellement d’efforts pour lutter contre la prolifération de ces bestioles, Dame nature veut que les choses restent comme elles sont ! Explication.

Les moustiques : une nourriture de prédilection dans la chaîne alimentaire

Qu’on le veuille ou non, le moustique est un maillon indispensable dans la chaîne alimentaire. Beaucoup de prédateurs se nourrissent de moustiques si l’on ne cite que les oiseaux, les reptiles comme les lézards, les insectes comme les libellules ou encore les arachnides et les chauves-souris. Lorsqu’ils ne sont que des larves, les moustiques constituent des repas appétissants pour les poissons, les batraciens et les invertébrés aquatiques (les œufs se développant dans l’eau stagnante). Certes, on peut dire que ces animaux pourraient survivre sans moustiques, mais leur alimentation et leur mode de vie seraient alors bien différents sans ces bestioles.

En se basant sur un constat, Bruce Harrisson, un scientifique américain spécialisé dans les insectes, a établi que les oiseaux migrateurs qui passent dans la toundra se nourrissent essentiellement de moustiques. Il a alors estimé que si l’aliment favori de ces derniers venait à disparaître, la population d’oiseaux chuterait de plus de 50 %.

Un écologue français, Jacques Blondel, vient appuyer cette théorie en expliquant que le rôle des moustiques dans le réseau trophique est non négligeable. Et que le fait de les éradiquer est conséquent pour les oiseaux. Il a illustré ses propos par l’exemple de la mesure de démoustication entreprise par l’EID Méditerranée en Camargue. L’opération aurait, selon lui, réduit la population d’hirondelles des environs. Cependant, l’EID a répliqué que l’objectif de leur opération n’était pas d’exterminer tous les moustiques, mais de maintenir leur nuisance à un seuil tolérable. Le débat est donc clos.

Enfin, voici un dernier exemple qui prouve encore que les moustiques sont utiles dans l’écosystème. En Arctique, les observateurs ont remarqué que les caribous migrent dans les vallées, face au vent, pour échapper justement à ces bestioles suceuses de sang. En se dirigeant de telle manière, ils permettent de nourrir les loups, de brouter les lichens, de tasser le sol, de transporter des nutriments, donc d’établir un ordre écologique. S’il n’y avait plus de moustiques gênants, les caribous resteraient là où ils étaient. Leur sédentarité changerait radicalement le système de ce biotope.

Les moustiques, des pollinisateurs dites-vous ?

Les chercheurs ont dénombré 3 500 espèces de moustiques, dont les 6% seulement « attaquent » l’homme. Et avec ces 6%, il n’y a que les moustiques femelles qui sucent le sang, non pas pour se nourrir, mais pour récupérer des protéines indispensables à la production de leurs œufs. Généralement, ces insectes sont des nectarivores. En plus de se nourrir du nectar des fleurs, ils profitent de la saison des fruits pour sucer leur jus, et ce, afin de couvrir leurs besoins en énergie.

C’est en butinant les fleurs que les moustiques pourraient aussi participer à la pollinisation des végétaux. Bien sûr, comparé aux véritables tenants du titre tels que les abeilles et les papillons, leur rôle est minime.

Quelquefois, ils puisent les substances nutritives emmagasinées dans les tiges des plantes. Pour se développer, les moustiques au stade larvaire s’alimentent en filtrant l’eau.

Le professeur Claudio Lazzari réitère l’explication en affirmant que les moustiques (mâles et femelles) se nourrissent bel et bien de nectar. Mais à lui d’ajouter qu’ils ne pollinisent que des fleurs et des plantes non consommables. Ce qui n’est pas de l’avis des cultivateurs de cacao, puisque, selon eux, la bestiole participe à la pollinisation du cacaoyer.

Les moustiques assainissent l’écosystème aquatique

Si l’on se penche davantage sur la vie des larves des moustiques, celles-ci puisent les éléments dont elles ont besoin dans le milieu aquatique. Ce milieu contient des bactéries, des déchets et d’autres micro-organismes qui polluent l’environnement aquatique. Grâce aux larves, toute cette population nuisible sera ingurgitée et les eaux marécageuses se retrouveront ainsi assainies. Pour avoir une image de leur rôle important dans cet écosystème, il faut savoir que les larves filtrent jusqu’à 2 litres d’eau par jour.

Dans le cas où les larves ne parviennent pas à maturité, leurs restes ainsi que leurs déjections vont se transformer en azote minéralisé, indispensable pour la croissance des plantes. Faut-il rappeler que les plantes ont aussi besoin de l’azote minéral pour le transformer en protéines, élément essentiel de la vie des animaux et de l’homme. Ceci pour dire que les bienfaits des moustiques parviennent finalement aux humains.

Les moustiques, source d’inspiration en médecine

Avez-vous déjà entendu parler des aiguilles indolores baptisées Nanopass 33 ? Si c’est la première fois que vous entendez ce nom et bien il s’agit d’aiguilles médicales conçues pour minimiser la douleur provoquée par la perforation de la peau. Quel rapport avec les moustiques ?

Deux chercheurs japonais ont mis au point l’aiguille en constatant que les piqûres des moustiques étaient sans douleur grâce à leur trompe en forme conique. En 2005, après de longues années de recherches, ils ont ainsi réussi à reproduire cette forme lors de fabrication des nouvelles aiguilles médicales. Conçue en titane, la Nanopass 33 présente un diamètre interne de 25 micromètres et un diamètre externe de 60 micromètres. Les experts ont voulu que les dimensions se rapprochent de plus près à celles de la trompe des moustiques, laquelle fait environ 30 à 40 micromètres de diamètre.

Désormais, la peur des piqûres d’aiguilles ne sera plus qu’un mauvais souvenir pour certains d’entre nous.

Les moustiques, des éventuelles solutions aux troubles de coagulation sanguine

Toujours en admiration devant les faits et gestes des moustiques, les scientifiques tentent d’en savoir davantage. Leur intérêt se porte ici sur l’anesthésiant injecté par la femelle lorsqu’elle pique son sujet. En effet, pour éviter que le sang ne se fige et bouche sa trompe, le moustique émet cet anesthésiant, une sorte d’anticoagulant. Dilué avec le sang, l’anticoagulant neutralise donc les plaquettes. Pour la plupart des gens, ce corps étranger représente un allergène responsable des irritations et des démangeaisons. Mais pour les scientifiques, ce pourrait être une solution révolutionnaire pour remédier aux maladies cardiovasculaires.

On peut citer le cas de l’hypercoagulabilité. C’est une anomalie congénitale qui peut entraîner à coup sûr à un risque de formation de caillot dans les vaisseaux sanguins. C’est ce que les scientifiques appellent la thrombose. Pour avoir un aperçu du risque, les caillots qui se forment vont boucher la veine ou l’artère concernée. Ils peuvent également être transportés par le flux sanguin pour se rendre aux autres organes.

Les chercheurs semblent être en bonne voie en étudiant l’anesthésiant du moustique. Mais il est encore trop tôt pour se prononcer là-dessus, étant donné que les recherches sont encore en cours.

Conclusion

Aussi dangereux et meurtriers soient-ils, les moustiques ont une grande place dans l’écosystème et assurent en partie la protection de celui-ci. Dangereux pour la santé à la fois des enfants et des adultes, mais également important pour la nature, la lutte contre les moustiques est alors à double-tranchants.

Alors entreprendre une éradication totale de ces insectes relève de l’impossible, essentiellement dans les zones tropicales. Combien d’efforts ont été menés, mais en vain, si l’on ne cite que la bataille herculéenne en Amérique du Sud dans les années 50 et 60 contre « Aedes aegypti ». Devant les millions de litres de DDT versées, l’espèce a survécu et a même migré en Asie et en Afrique pour une contre-attaque. Il est d’ailleurs plus simple de faire fuir les moustiques (citronnelle, moustiquaires) que de les éliminer. 

Par ailleurs, l’idée d’éliminer les seules espèces dangereuses n’est pas réalisable vu qu’il n’existe pas d’insecticide sélectif. Il faut aussi rappeler que les opérations d’extermination de moustiques via des produits chimiques, présentent forcément des impacts sur la vie des autres insectes, de celle des prédateurs et de l’environnement même.

D’autres solutions plus rationnelles ont été menées, dont la « création » de moustiques génétiquement modifiés par des chercheurs burkinabé. Ces moustiques ont été lâchés dans la nature afin de détruire les anophèles responsables du paludisme.

Pour ce qui est des responsables des campagnes d’élimination des moustiques, la démoustication entreprise prenne une petite envergure. L’objectif étant de limiter leur nuisance dans les habitats et alentours. Des gestes simples sont recommandés à la population pour se protéger des moustiques : éliminer les gites larvaires en vidant les eaux stagnantes (l’eau dans les gouttière ou dans les pots de fleur par exemple) ainsi que l’ensemble de ce qui peut constituer un abris pour les moustiques, utiliser des moustiquaires, etc.

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